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Après les schismes, les fusions PDF  | Print |
13 Mai 2008

 Après les schismes, les fusions

On se croirait en affaire : les partis politiques, après la période des créations, sont engagés dans « des fusions/acquisitions ». Assagissement, réalisme ou calcul ? L’échiquier politique malien serait-il enfin rattrapé par le réalisme ? C’est le lieu de se poser cette question après les fusions et les « plates-formes » communes que les uns et les autres signent ces temps-ci.

En voyant l’arbre généalogique des partis politiques du Mali, on est surpris des divisions qui ont eu lieu : rares sont les premiers partis qui n’ont pas donné naissance à au moins trois ou quatre autres.

Fondamentalement, les divisions politiques au Mali découlaient plus des raisons personnelles que des « divergences idéologiques ».

Les milieux politiques étaient plus enclins à étaler leurs divergences qu’à chercher le dénominateur commun minimum. Ces divergences ont atteint un tel paroxysme que nos braves politiciens se sont fait hara-kiri en toute lucidité, juste pour que « si ce n’est pas moi, ce ne sera donc pas mon frère ».

ATT-II est le fruit de cette divergence, de cette animosité entre les chapelles politiques, au point que, le citoyen, désemparé, ne savait plus à quel clocher se confier. Du jour au lendemain, l’on a vu que ceux qui passaient leur temps à se donner du « frère » ou des accolades ne pouvaient plus se voir en peinture.

On a vu d’anciens camarades de lutte, ayant risqué ensemble leur vie, se transformer en ennemis implacables. Très souvent pour des broutilles ou en tout cas pour des raisons inavouées n’ayant rien à voir avec l’idéologie politique.

Finalement, le syndrome ATT a été un argument fort pour les politiques. Le général a été élu (pour son premier mandat en tout cas) avec un fervent soutien et des hommes politiques et des populations.

Mais, sitôt en place, il a monté une véritable action de démolition des acquis des partis politiques, une réécriture de l’Histoire, une réorientation du rôle de la « société civile ». Le drame, c’est que nous aurions pu avoir plus que cela, ATT aurait pu être pire. Et c’est certainement la crainte de voir ce pire qui a poussé au réalisme les hommes politiques.

L’apport d’ATT

Depuis un certain temps, les créations de partis (en fait des entreprises plus lucratives que les entreprises) marquent une pause. Il y a plus de fusions et de débats consensuels que de nouvelles créations. Il n’est plus donné de voir « des loups cohabiter avec des agneaux, des frères ennemis pactiser », comme l’affirme un observateur de la scène politique qui dit que le fait n’est pas surprenant.

« Sous peine de disparaître, les hommes politiques sont condamnés à changer de dialogue, à s’unir, car ils ont une autre adversité qui les dépasse : celle du pouvoir en place qui a vu le jour du fait de la mésentente des politiques ».

Toujours est-il que les fusions auxquelles nous assistons aujourd’hui sont de hauts faits de guerre des politiques qui, pour une fois, parviennent à dépasser leurs ego pour comprendre la nécessité des alliances. Il ne serait pas possible d’occulter, dans ces fusions, l’ombre de 2012.

En effet, déjà, toutes les chapelles affûtent leurs armes, battent le rappel des troupes en vue de cette échéance. Mais, même à ce niveau, le fait est à souligner, car dans un passé récent, ces mêmes acteurs politiques ont été prêts à tout perdre plutôt que de tendre une main amie à l’autre.

Il y a incontestablement une évolution des mentalités des politiques, rattrapés par l’histoire et les menaces dans l’air du temps, par la volonté de reconstruire l’image détruite. En effet, aujourd’hui, l’autre gageure, c’est la reconquête de l’estime perdue des militants.

Et cela passe forcément par une certaine fusion ou en tout cas un changement de discours. Les pauvres militants ont été longtemps désorientés par les discours changeants et décousus, au point qu’ils ont fini par soutenir « tout comme les politiques eux-mêmes » un indépendant qui a fini par nier leur apport.

Le salut des partis politiques maliens aujourd’hui est dans la fusion et apparemment, ceux-ci l’ont compris, car en voyant des partis s’allier, fusionner ou signer une plate-forme commune, il y a seulement trois ans, les plus visionnaires ne l’auraient pas envisagé. Et c’est cela l’apport d’ATT.

Alexis Kalambry

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