Maliba

Produit de première nécessité-Le sucre ''amer'' des Maliens !

Envoyer Imprimer PDF

La problématique du prix du sucre était le 29 janvier au cœur d'une conférence de presse au ministère de l'Industrie, des investissements et du commerce. Et c'est le ministre Ahmadou Abdoulaye Diallo en personne qui en était le principal animateur. Pendant presque deux heures, il a longuement expliqué les raisons de cette hausse du prix du sucre sur le marché national. Un résumé des propos du ministre a permis de comprendre que le marché international du sucre est actuellement caractérisé par une hausse continue des prix qui se justifie par un accroissement de la demande pendant que l'offre est en baisse.
Selon des spécialistes, la baisse de l'offre s'explique par la production de biocarburant à partir de la canne à sucre et des mauvaises récoltes en raison de la sécheresse dans les pays asiatiques. De 169 millions en 2008, la production mondiale a chuté à 162 millions, soit une baisse de 4,14%. De la période allant du 5 août 2009 au 4 janvier 2010, le prix du sucre aurait connu une hausse de 39,96%. 
En 2010, la production nationale est estimée à 36 000 tonnes alors que les besoins nationaux sont de 150 000 tonnes par an. Donc, il faut importer le gap manquant, soit quelque 114 000 tonnes. Six importateurs ont été autorisés pour faire ce travail.
Selon les chiffres fournis par la Direction nationale du commerce et de la concurrence, au cours de la semaine du 18 au 24 janvier 2010, le prix du sucre sur le marché national a été de 512 F CFA contre 418 F CFA à la même période l'année dernière, soit une hausse de 22%. 
Ainsi, à la date du 24 janvier, le prix le plus élevé a été enregistré à Kidal avec 600 FCFA. Par contre dans la Venise malienne, on aurait observé  le plus bas prix à 418 FCFA. Ce sont là les prix les plus élevés des 5 dernières années observés en janvier. 
Dans le cahier des charges, signé en septembre 2009 entre le ministre de l'Industrie, des investissements et du commerce et les opérateurs économiques, il a été convenu de vendre le sucre à 400 FCFA avec un dispositif de flexibilité, compte tenu du prix à l'échelle internationale. Le 6 janvier, un avenant a été signé pour amener ce prix à 500 F CFA avec une marge de tolérance de 55 FCFA.
Si l'on se réfère aux propos du ministre, la vente du kilo à 555 FCFA n'est pas une infraction. Ce prix est valable jusqu'au 31 mars. Après cette date, le gouvernement et les importateurs comptent se réunir pour décider d'une éventuelle hausse ou baisse en fonction du comportement du marché international. Avec la tendance actuelle, tout porte à croire que les prix connaîtront une augmentation. Certains analystes estiment qu'il est prévu pour cette année une augmentation de 19% sur le marché international. 
Dans les capitales des pays voisins, les prix ont oscillé entre 550 et 700 FCFA. Le marché du Burkina Faso a été le moins cher avec 550 FCFA tandis que ceux de Dakar et Abidjan ont été les plus chers avec des prix atteignant les 700 FCFA. 
Si le ministre Ahmadou Abdoulaye Diallo parait clair dans ses explications, il ne rassure pas pour autant. Comparaison n'est pas raison, dit-on.
On ne peut pas comparer le Mali à des pays comme le Sénégal ou encore le Burkina où il y a eu des marches et bien d'autres manifestations de rue contre la vie chère. Dans le contexte actuel, aux yeux du gouvernement, ce n'est pas le prix qui est important mais la disponibilité du sucre sur le marché. ''Mon problème est qu'il y a du sucre sur le marché.'' a-t-il affirmé. Le gouvernement a peur que les grands importateurs ne croisent les bras.
Dans tous les cas, on ne peut que donner raison au ministre de l'Industrie, des investissements et du commerce lorsqu'il déclare que, ''le sucre est sucré, mais il commence à devenir amer pour le consommateur malien.''
Par Chiaka Doumbia
le challenger

Commentaires (0)

Ecrivez un commentaire
Réduire l'éditeur | Agrandir l'éditeur

 
You are here: