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Lutte contre l’excision : Vers l’harmonisation des textes en Afrique de l’Ouest

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L’excision ou les mutilations génitales féminines (MGF), dans toutes leurs formes, sont pratiquées à grande échelle sur le continent africain et touchent environ 130 millions de femmes et d’enfants avec des conséquences physiques et psychologiques irrémédiables. De ce fait, cette pratique mérite des mesures énergiques à l’échelle régionale pour inverser la tendance. C’est dans cette optique qu’un atelier sous-régional se tient depuis hier, 26 janvier 2010, à l’hôtel Massaley de Bamako.

L’ouverture de ce colloque auquel participent le Bénin, le Burkina Faso et le Mali était placée sous l’égide de Mme Maïga Sina Damba, ministre de la Promotion de la Femme, de l’Enfant et de la Famille.

On notait également la présence du directeur de Helvetas-Mali, M. Sékou Diarra ; de la directrice du Programme national de lutte contre l’excision ; de l’honorable Oumar Mariko, de la directrice du bureau de la Coopération suisse, des représentants de la société civile et de ceux des organisations internationales.

Organisé par Helvetas, ce colloque de deux jours vise à asseoir les bases d’un élan de solidarité et d’actions contre la pratique de l’excision.

Il est à retenir qu’au Mali, au Burkina Faso et au Bénin, pays de concentration d’Helvetas dans la sous-région Afrique de l’Ouest, le phénomène de l’excision est fortement enraciné dans les traditions. Le taux de prévalence est particulièrement élevé au Mali (selon l’enquête démographique sur la santé 2006 : 85 % contre 92 % en 2002).

Ce recul, bien que salutaire, est le résultat de plus de 20 ans de sensibilisation. Le Burkina Faso suit le Mali avec une prévalence de 49,5 %, puis vient le Bénin avec 17 %. Tandis qu’au Burkina Faso et au Bénin, il existe une loi interdisant ces pratiques néfastes, ceci n’est pas encore le cas pour le Mali.

En effet, au Mali, bien que la pratique de l’excision constitue une violation de l’intégrité physique et des droits fondamentaux de la personne et en dépit du péril de mort qu’encourent celles qui la subissent, cette pratique demeure un sujet très sensible au sein de la société. C’est ce qui a contribué jusqu’à présent à retarder l’adoption d’une loi visant formellement son interdiction.

Même si les mentalités évoluent peu à peu, des pesanteurs socioculturelles entravent toujours une véritable promotion des droits de la femme et son plein épanouissement. On observe également une certaine persistance du phénomène sous des formes plus pernicieuses avec la tendance à la « clandestinité ».

Selon le directeur de Helvetas-Mali, M. Sékou Diarra, la complexité du sujet lié à l’excision (son ancrage dans les traditions et les difficultés à appréhender sa persistance) doit nous inviter à plus de persévérance et d’abnégation pour gagner ce combat. « D’autres difficultés comme le manque de législation spécifique en matière d’excision au Mali, les difficultés d’application de la loi prise au Burkina Faso et au Bénin, sont des problématiques nécessitant des réflexions approfondies afin de trouver les solutions idoines.

A ces problématiques, s’ajoute l’épineuse question des mouvements transfrontaliers des exciseuses et certains parents pour pouvoir exciser des petites filles sans inquiétude », a-t-il expliqué.

Ce avant, d’ajouter que ce phénomène apparaît aujourd’hui comme un goulot d’étranglement et mérite une analyse particulière, en vue de pouvoir l’endiguer au grand soulagement des acteurs de la lutte, mais aussi et surtout des petites filles qui seront sauvées.

Mais, reconnaît-il, les choses ont évolué parce que des structures spécialisées dans la lutte contre la pratique de l’excision sont mises en place par les gouvernements. Aujourd’hui, ajoutera-t-il, le tabou est levé, le taux de prévalence recule et que depuis l’entrée en vigueur du protocole de Maputo, de nombreux pays de la sous-région ont pris des législations spécifiques interdisant la pratique des mutilations génitales féminines.

Pour sa part, Mme Maïga Sina Damba, ministre de la Promotion de la Femme, de l’Enfant et de la Famille, estime que l’organisation de cet atelier vient à point nommé, dans la mesure où dans quelques jours, nous célébrerons la Tolérance zéro aux MGF qui est une journée institutionnalisée et qui donne l’occasion d’intensifier la sensibilisation de nos populations sur les dangers de l’excision.

Selon elle, il est plus que temps de considérer le problème de l’excision comme un problème sous-régional auquel il est indispensable de trouver des solutions à la hauteur de cette dimension. C’est pour cette raison d’ailleurs qu’elle espère qu’au « sortir de cet atelier, la problématique d’une loi interdisant cette pratique sera débattue avec des propositions concrètes de stratégies prenant en compte la dimension sous-régionale du phénomène ».

Bruno Loma

Le Republicain

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